danseuse dans l'emprise des rythmes


A Saint -Denis, le Mali était à l’honneur pour le 53è anniversaire de l’indépendance du pays. La transmission de la culture était au coeur des débats, avec danse, musique et repas pour incarner ce grand moment de convivialité entre diverses générations, tradition et modernité !

 

Par  Helene Aury et Engueran D.

« Un arbre sans racine ne peut pas tenir debout », martèle le Pr. Bandiougou Diakité, historien malien. Imposant et persuasif, l’homme anime une conférence à l’occasion du 53è anniversaire de l’indépendance du Mali – célébrée ici à Saint-Denis. Artistes, associations et étudiants de la communauté malienne ont réuni une centaine de personnes le 21 septembre pour échanger, danser et dîner.

Dans l’après-midi, la conférence intitulée  Mieux connaître le Mali  insiste sur l’importance de connaître la langue de son pays, dans une société où la parole est prédominante. « Pour apprendre l’histoire, il faut écouter les anciens et les griots [ NDLR : conteur traditionnel en Afrique de l’ouest] et encourager les jeunes à choisir le Bambara ou le Soninké en 3è langue vivante », soutient le Pr. Diakité. Etudiante en sciences du langage à Amiens, Foulé, une jeune malienne, ajoute que « la nouvelle génération a la chance d’utiliser les outils numériques avec les anciens pour promouvoir la culture africaine ».  Téléphones, enregistreurs et caméras permettent une transmission plus efficace de la mémoire. « Il faut poursuivre le travail de vulgarisation de l’histoire du Mali, pour mieux la comprendre et valoriser le pays », explique le professeur. Celui-ci dénonce ensuite l’emprise du Fond Monétaire International qui bloque le développement économique : « l’Afrique produit ce qu’elle ne consomme pas mais consomme ce qu’elle ne produit pas. »

Une fois les neurones sollicités, place à la fête. « Maintenant vous allez danser ! », lance l’animatrice. Avec djembés, clochettes et dum dum, les percussionnistes chauffent la salle avec enthousiasme. Deux danseuses poussent le public à les rejoindre sur la piste. Les femmes vêtues de leurs plus beaux boubous africains se déchaînent sans retenue, parfois jusque dans la transe ! Leurs costumes aux couleurs rayonnantes tournoient maintenant dans les airs. Le son résonne comme une délivrance pour celles qui se sont apprêtées de leur plus belle coiffe. Les talons aiguilles sont quant à eux reléguées sous les chaises. C’est un véritable concours de chorégraphie. Les musiciens endiablent définitivement les corps. Ils sont parvenus à mélanger les générations et les traditions grâce à la danse, la musique et la bonne humeur.

Un peu plus en retrait, assis sur les chaises de part et d’autres de la salle, on observe, on sourit beaucoup aussi, les yeux rivés sur le spectacle. Le groupe de rap Soka Djama débarque et anime à son tour la scène. Les bras se lèvent et les mains claquent sur les rythmes entraînants de la chanson intitulée  La guerre . Détrompez-vous, c’est un message de paix, pour l’Afrique, comme dans le reste du monde. Les chanteurs n’hésitent pas à descendre pour aller à la rencontre de leur public.

Autour du bar, on savoure les spécialisé gastronomiques du Mali. On s’adosse, on se serre et on s’y presse. Froufrous, des beignets à base de Mil ou encore du bissap (NDLR : boisson à base d’ibiscus), pimentent et colorent un peu plus encore cette soirée déjà bien animée. Le maire de Saint-Denis, Didier Paillard profite de cette vitrine culturelle avec une assiette à la main pour rappeler l’importance de la coopération entre Saint-Denis et les communes de Djélébou, Karokoro et Sahel au Mali. Il profite également de son discours pour annoncer le démarrage de « La Caravane de la paix » qui projette de sillonner tout le Mali.

Même si l’association organisatrice, Mélodie du monde, regrette que l’information n’ait pas été plus largement diffusée, la salle est pleine de participants. Les caméras sont aussi au rendez-vous pour une diffusion sur les chaines des télévisions maliennes : de Saint-Denis au Mali, le message voyagera ainsi !

 

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